
Marie attendait devant la porte de l'ancien couvent. Elle cherchait Soeur Nathanaëlle pour lui rendre un livre prêté maintenant il y a très longtemps. Il y avait trop d'années qu'elle n'était plus revenu à Vezelay. Trop de souvenirs lui brûlaient le coeur. Il y avait eu cet accident de voiture sur la route de Paris, la faute à "pas de chance ! " ;cette intense souffrance, perdre sa meilleure amie, oh, si grande cette peine. Mais le temps a passé, la plaie est pansée, elle peut venir dans le petit cimetière sans pleurer, déposer des violettes et chanter, oui, chanter, là, devant cette tombe envahie de lierres et de glycines.
La soeur de la boutique vient de Suisse, les franciscains d'il y a 20 ans ne sont plus là, on voit des robes grises, qui frôlent le sol, des voiles blancs sur des têtes penchées.
Une icône de la nativité repose devant le tabernacle. Marie se souvient, pendant la guerre, Soeur Léocadie dans le pensionnat cachait des enfants juifs, quel courage.
Elle aussi était entrée dans le grand réseau des amis de la liberté, comme le groupe de François et Kostro.
Vezelay sous la neige, Le froid glacé sur ses joues rosies, et le soir qui tombe. Marie se recueille.